Les Zazas
1959. « La mort aux trousses » – (North by Northwest) associe définitivement le nom d’Alfred Hitchcock à celui de maître du suspens. Le public en redemande.  Le réalisateur pourtant, a des envies d’ailleurs. Exit les « Sueurs froides » (Vertigo) ou autre « Faux coupable » (The Wrong Man), le sexagénaire souhaite surprendre, sortir du cadre dans lequel l’enferment, depuis la télédiffusion de sa série attitrée, public et critique. « Psychose » (Psycho) émanera de cette période trouble et  deviendra, contre toute attente, le plus grand succès de la carrière du réalisateur avec ses 50 millions de dollars au box-office.

 Le film de Sacha Gervasi se penche sur toute la période entourant la réalisation du 47e long-métrage de la carrière du maître. En nous épargnant la vision d’un Alfred Hitchcock en culottes courtes, le réalisateur, plus coutumier des documentaires, fait le choix d’assumer une oeuvre renvoyant bien plus aux codes du making-of qu’à ceux du biopic.
Car oui. C’est bien de ça qu’il s’agit. « Hitchcock » explore le processus créatif. Les doutes qu’il engendre. Les jalousies qu’il engrange. En ressort un film simple et sans prétention aucune. Une heure et demi de divertissement dans lequel certains s’ennuieront à mourir pendant que d’autres ne bouderont pas leur plaisir de découvrir l’envers d’un décor aussi mythique que celui du Bates Motel.
Bien qu’Anthony Hopkins (Le silence des agneaux) ne personnifie pas le rôle titre avec énormément de raffinement, que Scarlett Johansson (Lost in translation, Avengers), encore plus fade qu’à l’habitude, nous rappelle que le talent d’une Janet Leigh ne se gagne définitivement pas en jouant l’héroïne de blogbusters insipides, on se surprend toutefois à apprécier le personnage d’Helen Mirren (The Queen), incarnant avec force et justesse,  la femme cachée derrière l’œuvre de son mari.
A coup sûr, ce film ne marquera pas l’histoire du cinéma comme ont pu le faire tant d’œuvres du mythique réalisateur. Cependant, il serait bien dommage de rejeter totalement l’intérêt pédagogique de ce biopic bien plus intéressant que d’autres récents essais du genre. De quoi donner envie de se (re)-plonger dans la riche filmographie hitchcockienne dont certains chefs-d’œuvre, comme « Les 39 marches », « La cinquième colonne » ou encore « La corde », semblent, prématurément, quitter la mémoire collective.

 

CREDITS ARTICLE / Auteur: Jeff Bertemes

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