Les Zazas

JOURNAL / Le Poiscaille – Votre friture a du chien !

Quoi qu’en disent les légendes, le piranha est un animal solitaire. Il ne se déplace en bancs que s’il se sent traqué ou pour venir à bout d’une proie plus imposante que lui. Rien d’étonnant si “Le Poiscaille”, excellent journal satirique liégeois, décline son image sous la forme du prédateur en question. Depuis deux ans déjà, l’équipe cachée derrière la formule des dents de l’amer, décrypte, chaque mois, avec humour et ironie, l’actualité locale, nationale et internationale. Les Zaza’s, sentant une possible concurrence journalistique poindre le bout de son écaille (oui, oui, ceci est un jeu de mot complètement naze), ont choisi de braver le danger des mers et de partir à sa rencontre… Lors du vernissage célébrant le deuxième anniversaire du plus terrifiant des characidae (Les Zaza’s n’utilisent pas Wikipedia !), Sébastien Varvéris, directeur de la rédaction, a accepté de se laisser soigneusement cuisiner.

 

Les Zaza’s : “Le Poiscaille”, deux ans déjà! Comment pourriez-vous décrire le journal à une per- sonne qui n’a jamais eu l’occasion de vous lire ?
Le Poiscaille: “Le Poiscaille” est un journal satirique liégeois qui a été créé en février 2010 par une petite bande de potes. Nous sommes partis d’un constat très simple. A contrario de la France où la presse satirique bénéficie d’une large visibilité, notamment grâce à “Charlie Hebdo”, “Le Canard enchaîné” ou encore “Cinémensuel”, il existe, chez nous, une certaine pauvreté vis-à-vis de ce même type de presse. En Belgique, on ne compte que quelques petites parutions locales, comme “Le Bateau ivre” à Mons, et qu’une seule parution nationale (ndlr. “Ubu Pan”). Nous trouvions donc intéressant de faire naître, à Liège, un journal du genre. A l’heure d’aujourd’hui, “Le Poiscaille” rassemble une trentaine de collaborateurs réguliers qui fait son petit journal, de manière autonome, chaque mois.

 

En deux années d’existence, “Le Poiscaille” a connu une belle évolution. Pourriez-vous revenir sur la genèse du projet ?
Au départ, “Le Poiscaille” se résumait à un PDF de 4 pages, réalisé de manière relativement rudimentaire. Néanmoins, et même si le niveau des textes n’était pas celui d’aujourd’hui, il restait agréable à lire. Jusqu’au mois d’octobre 2010, nous l’avons donc diffusé sur internet. Durant cette période, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait un public pour ça. De plus, de nouveaux collaborateurs, prêts à s’investir, nous ont contactés via le web. Désireux d’évoluer, nous avons décidé d’imprimer 70 exemplaires, dans un copy service, sur feuille A3. De mois en mois, “Le Poiscaille” a progressé jusqu’à atteindre un journal de 16 pages, imprimé de manière professionnelle et qui est vendu, pour 1€, dans plusieurs points de vente à Liège.
Et concrètement, de qui se compose l’équipe du “Poiscaille” à l’heure actuelle ?
Vous voulez des noms! Il y a tout d’abord notre rédacteur en chef, notre jeune rédacteur en chef, qui a pris ses fonctions fin 2011, Pierre-Yves Hurel. Ensuite, il y a un rédacteur en chef adjoint, Dimitri Brulmans, un secrétaire de rédaction, Christophe Crespin, une chargée de communication et de promotion, Audrey Dambermont, et, finalement, moi-même. A nous cinq, nous formons les membres fondateurs de l’ASBL créée fin 2011. L’autre partie de l’équipe se compose de journalistes, caricaturistes, qui se retrouvent, chaque mois, en réunion de rédaction. A côté de ça, il existe également des électrons libres, comme des caricaturistes qui vivent en France ou en Suisse, et qui nous envoient régulièrement des dessins.
Pratiquez-vous l’autocensure?
Non. En tout cas, jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu à le faire. Les textes que nous avons décidé de mettre de côté n’étaient pas évincés à cause de thématiques ou de sujets sensibles. La raison principale était plutôt idéologique. Nous n’étions pas en accord avec certaines idées de ces textes et nous ne souhaitions pas les véhiculer. Au niveau des sujets, à partir du moment où nous savons que cela peut faire rire le lecteur et qu’il y a un potentiel comique, tant pour les textes que pour les dessins, nous les publions. Nous sommes là pour oser et pour flirter avec certaines limites. C’est d’ailleurs là l’une des raisons d’être de la presse satirique.
Nous voici déjà arrivé à la douloureuse dernière question. Un piranha et un petit chien bâtard peuvent-ils véritablement cohabiter dans un même espace clos ?
En tout cas, ça ferait un chouette croisement. Je serais curieux de voir ce que cette union donnerait. Un chien aquatique avec de longues dents acérées. Il pourrait également évoluer sur la terre ferme pour venir faire chier certaines personnes qu’on entend un peu trop souvent. Il ne reste plus qu’à faire le test…
CREDITS ILLUSTRATION / Wake Up Val. / CREDITS VIDEO / Réalisation: Jeff Bertemes & Julien Hockers / CREDITS ARTICLE / Auteur: Jeff Bertemes

 

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3 Comments

  1. OliOne 03/02/2013 at 00:27

    Nice! Merci pour l’article et la vidéo. Beau boulot 😉
    J’aborderais une question pour « le petit pois se caille » (si si, moi aussi, je peux faire des jeux de mots pourris): quel pas reste-t-il pour être commercialisé en librairie comme les autres papiers comme Charlie Hebdo, etc.. Juste une question de fric?

  2. Les Zaza's 03/02/2013 at 00:43

    Nous attendons la venue de Sébastien Varveris en ces terres afin d’hériter d’une réponse digne de ce nom 🙂

  3. Scottie 06/01/2014 at 10:34

    Ce fut un bel article à lire, je vous remercie pour le partage. wens u allen het beste in 2014 !

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